Une famille algérienne poursuit en justice l’administration d’une prison américaine

La famille d’une ressortissante algérienne morte l’année dernière dans des conditions suspectes dans une prison américaine a porté plainte contre l’administration carcérale pour homicide involontaire. La famille de Hassiba Belbachir, retrouvée morte le 17 mars 2005, alors âgée de 27 ans, dans la prison du comté de McHenry, dans l’Etat de Chicago, une semaine après son incarcération pour séjour illégal aux Etats-Unis, a porté mardi plainte devant le tribunal fédéral du comté de McHenry contre le sheriff, des officiers de police et l’équipe médicale de la prison.

C’est ce qu’a rapporté hier le quotidien Chicago Suntime qui indique que selon le dossier d’accusation, Hassiba Belbachir n’avait pas bénéficié de soins médicaux appropriés lors de sa détention, en dépit du fait qu’elle a été reconnue comme une personne fragile pouvant avoir des tendances suicidaire.

Dans cette affaire qui a plongé en émoi la communauté algérienne aux Etats-Unis et suscité un large élan de solidarité avec la famille de la victime, la partie civile poursuit principalement le shérif du comté de McHenry, Keith Nygren, le directeur du centre de détention du même comté, Tom Svoboda, des policiers et agents du comté ayant été impliqués dans son arrestation puis son incarcération ainsi que l’équipe médicale du pénitencier.

Le dossier d’accusation indique que Hassiba Belbachir avait pris l’avion le 1er mars 2005 pour Londres. A son arrivée à l’aéroport international de Heathrow, le même jour, les autorités britanniques, émettant des doutes sur la validité de son passeport, l’ont retenue pendant quelques heures avant de la renvoyer vers l’aéroport international O’Hare de Chicago.

Le dossier précise que la défunte qui «n’a été accusée d’aucun crime ni délit» avait été placée en détention à la prison de McHenry le 9 mars 2005 en tant qu’immigrante illégale. Le dossier qui semble accréditer la thèse du suicide, révèle que Belbachir souffrait d’ennuis de santé avant son incarcération ainsi que de troubles psychiques qui se sont amplifiés pendant sa détention notamment en raison de l’absence de soins médicaux appropriés.

Le dossier fait observer que bien que Belbachir et ses codétenues aient saisi l’administration carcérale sur ses ennuis de santé qu’ils soient physiques ou psychiques, elle n’a bénéficié, pour autant, d’aucun des soins médicaux que nécessitait son cas.

En raison de ses troubles, Belbachir avait été placée dans une unité de soins pour femmes et avait reçu la visite d’une assistante sociale qui a informé l’équipe médicale du centre de détention, après avoir évalué son cas psychique, que la défunte était une potentielle suicidaire étant donné qu’elle souffrait d’une grave dépression.

Mais en dépit des recommandations de l’assistante sociale, la victime n’avait pas été prise en charge par l’équipe médicale ni bénéficié de la moindre attention ni surveillance, note le dossier de l’accusation. Le 17 mars 2005, soit la veille de son rendez-vous avec un psychothérapeute (un rendez-vous qui ne lui avait pas été signifié), elle a été retrouvée gisant par terre dans sa cellule, le corps sans vie avec du tissus des bas autour du cou, indique encore le dossier.

Le dossier fait mention aussi que le gardien a vu la victime par terre à 15h20 le jour du drame mais n’a rien fait. Ce n’est que lorsqu’il est revenu à la cellule à 16h20 portant un repas et constatant que la victime était toujours dans la même position qu’il a demandé l’aide de ses collègues.

Le dossier met en cause le système carcéral, soulignant que Belbachir n’a pas été convenablement prise en charge et n’a pas bénéficié de ses droits. Il pointe du doigt l’incompétence et l’irresponsabilité des policiers, gardes, agents et l’équipe médicale pour ce genre de situation.

La partie civile réclame des indemnisations au profit de la victime pour homicide par négligence. Le procès devrait se dérouler pendant plusieurs jours, voire des semaines avant que la cour fédérale ne rende son verdict. La mort de Belbachir avait tenu en haleine la communauté algérienne aux Etats-Unis pendant plusieurs semaines.

L’ambassade d’Algérie aux Etats-Unis, l’association des Algériens américains à Washington (Algerian American Association of Greater Washington-AAAGW) d’Abdelrahmi Bessaha et l’association Algerian American Community Of Massachusetts» (AACM) de Lahouari Addi ainsi que le Council of Islamic Organizations of Greater Chicago s’étaient mobilisés autour de la famille, notamment pour le rapatriement de la dépouille de la victime et pour ses démarches en vue de connaître la vérité sur la mort de la jeune Algérienne.


Photo prise lors de ses premiers jours en Amérique



Source: http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=21821{jcomments lock}


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