Ramadhan en Amérique: Semoule, diouls, zlabia, les emplettes vont bon train

[Aps 15/10/04] Washington - Salah est Algérien, Rafik est Tunisien. Ils sont voisins d'immeuble dans un quartier du Maryland. C'est le dernier week-end du mois de Chaabane, les deux copains se sont donné rendez-vous pour partir ensemble avec leurs épouses et leurs enfants faire les emplettes du Ramadhan dans la Virginie voisine.

[Aps 15/10/04] Washington - Salah est Algérien, Rafik est Tunisien. Ils sont voisins d'immeuble dans un quartier du Maryland. C'est le dernier week-end du mois de Chaabane, les deux copains se sont donné rendez-vous pour partir ensemble avec leurs épouses et leurs enfants faire les emplettes du Ramadhan dans la Virginie voisine.La région de Virginie est particulièrement prisée par la communauté Arabe et Musulmane de Washington ou du Maryland quand il s'agit de faire son marché "à l'arabe". Dans les quartiers de Crystal City ou de Springfield, tout y est dans les magasins et les supérettes tenus essentiellement par les commerçants Libanais, Afghans ou Iraniens. Cela va des boucheries "Hallal" aux commerces vendant semoule, huile d'olive, halva turc, dattes, menthe, figues sèches, h'rissa, diouls et même la z'labia. A croire qu'on est en pleine Casbah ou à Laaquiba, n'était-ce l'imposant immeuble du Pentagone se trouvant pas loin qui nous rappelle qu'on est en Amérique.

Dans la boucherie, la chaîne se fait longue à la veille du mois sacré. En attendant leur tour, deux mères de familles algériennes commentent les coûts de la viande et des légumes qui connaissent leur "traditionnelle" flambée en Algérie à l'approche du Ramadhan. Grâce à leur lecture assidue des journaux algériens par Internet, rien ne leur échappe de ce qui se passe au "bled" et sont parfaitement au courant que la viande va être importée de l'Irlande.

"C'est pour casser les prix, honte à ces spéculateurs qui veulent sucer le sang des gens en plein mois de piété", vocifère l'une d'elles avant que l'ouvrière ouzbèke de la boucherie l'appelle pour la faire entrer dans la chambre froide et la laisser choisir la "machia" qu'elle veut.

A la supérette Libanaise d'à-côté, c'est tout le monde qui s'affaire autour des étalages offrant à la clientèle une grande variété de mets et d'ingrédients pour faire ripaille allant des épices ramenées de l'Extrême-Orient jusqu'aux plateaux alléchants de "baklawa", de "halkouma" et de "ktayef" à la syrienne.

Tout en écoutant les chansons d'Oum Kaltoum que la patronne du magasin passe et repasse, les clientes maghrébines se penchent sur les grands sacs de jute pour choisir la bonne semoule pour le couscous du "s'hour" ou le "kelb-elouz" alors que les enfants, blasés par les quotidiens hamburgers des "Mac Donalds", apprennent à apprécier le "raghif" farci de "merguez" ou de "cachir".

Quant aux hommes, ils s'attardent pour la plupart devant les narguilés à fumer durant les longues soirées du Ramadhan dont la troisième semaine coïncidera avec les élections présidentielles américaines ou le suspense est garanti. Une fois les achats terminés, des prospectus en arabe et en anglais sont distribués gratuitement aux clients sur lesquels sont indiquées les heures de l'Iftar et de l'Imsak ainsi que les heures des cinq prières quotidiennes.

Par ailleurs, une nouvelle a fait le tour de la communauté Arabe: durant le mois de Ramadhan, une firme américaine de distribution cinématographique va projeter des films arabes dans une salle de cinéma à Washington DC. La brochette des films a été soigneusement choisie pour répondre à tous les goûts et à toutes les humeurs en proposant des films sociaux et ceux à thématique politique.

Quant aux films religieux, une première filmographique dans le traitement de la religion musulmane va se produire au dernier jour du Ramadhan. En effet, une autre maison de distribution a choisi la veille de l'Aid El-Fitr pour lancer la projection, durant une semaine, d'un long-métrage sur la vie du Prophete Mohamed (qlsssl) sous forme de film de dessins animés. "Muhammad: The last Prophet" est le titre de ce film de 90 minutes.

Pour les sponsors de ce projet qui en assureront la distribution à travers 37 salles de cinéma aux Etats-Unis et au Canada, "c'est pour des raisons pédagogiques que la technique du dessin animé a été choisie comme support pour expliquer l'Islam dont l'image a été particulièrement altérée depuis le 11 septembre".

Mais comparativement au cinéma, c'est l'antenne parabolique qui continue encore à ravir la vedette. Pour Salah et Rafik, récemment installés aux Etats-Unis avec leurs familles, les soirées du Ramadhan seront "insipides" et "ennuyeuses" sans la parabole pour donner une ambiance plus conviviale aux veillées grâce à Canal Algérie. "La nostalgie du pays, du reste de la famille et des amis sera encore plus dure à supporter durant le Ramadhan. La parabole nous permettra, au moins, d'être virtuellement parmi les siens", se consolent-ils avant de décider fermement d'installer des antennes paraboliques lesquelles, d'ailleurs, commencent à "fleurir" de plus en plus dans les balcons des immeubles et les terrasses des maisons des villes américaines.

Source: http://www.aps.dz/fr/pageview.asp?ID=73537

Les commentaires sont fermés.