Les chanteurs Montréalais, tous pour un, derrière Cheb Fayçal

ImageCheb Fayçal  était rayonnant, ce soir du 21 mars 2008. Il était heureux, il ne savait même pas par où  commencer pour faire de l’ordre dans la cohue des dix amis chanteurs  qui sont venus l’épauler et chanter à son gala.  Il connait  pourtant bien les lieux, c’est là qu’il chante à chaque fin de semaine.

Lors de cette soirée exceptionnelle, il était la vedette attendue, par son public et par ses amis artistes, qui sont venus consommer, en première, son album  Anti ya hiya , qu’il venait juste de finaliser l’enregistrement en Algérie.  Dans la foule des artistes il y’avait,  aussi, Hakim Salhi, qui a tenu à signer, par sa présence, un passage en covedette et ami dans l’atmosphère très conviviale qui prévaut au restaurant  le ryadh, qui  a d’ailleurs affiché complet . Le public était aux anges en assistant  à un Gala riche, en genre et en nombre,  animé à tour de rôle par les chanteurs : Mostapha Boulal ;  Rachid Guendouz ;  Bouchâïb ; Brahim ;  Khalida ;  Fouad Yaâlaoui ;  Djamel Lahlou ; Khalida ;  Dino ;  Karim Syncope ; Hakim Salhi et bien entendu Cheb Fayçal qui a chanté son album accompagné par les fidèles musiciens :  Samir ; Mustapha ; Adda  et  Halim. Tout ce beau monde là, a été présenté et régi, par nul autre que Lamine Foura.  On a même eu droit à une intervention de Mr. Le Consul d’Algérie Abdelâziz Sbaâ, qui est venu poser un geste d’encouragement pour l’artiste et à la création artistique des Algériens de Montréal.

L’Album en question comporte dix titres originaux écrits et composés spécialement par : B. Ameur ; Didine ; Makfi ; mais aussi par Cheb Fayçal  qui a écrit lui-même la chanson Bghiti l’auto.  L’album est marqué de styles très apparentés au RAÏ, Fayçal sait faire dans ce genre qu’il a toujours chanté et il n’aime pas en sortir. Il a touché, par contre à une panoplie de rythmes et couleurs variées, sans vraiment dérailler de l’usuel et de la trame du raï authentique.  On retrouve dans cet album le Fayçal qu’on connait, avec la voix rauque et présente habituelle. On détecte aussi  un peu de rapprochement   des tons de voix à la Khaled ; des ballades à la Hesni ; des « tounes » à la Bilal, mais le must c’est  les duos de choc investis, avec des stars connues sur la place à Alger, notamment avec le chanteur Flamenco Réda Sika et la pulpeuse  Nawel Skandar  qu’on retrouve également comme covedette dans le vidéo clip, qui porte le titre  Hiya et Houwa tourné au bord d’une plage dans les environs d’Alger, dans un décor époustouflant des Mille et une nuit.

Dans ce premier album,  on reconnait aisément le timbre chaud de la voix de Cheb Fayçal, qui, sans surprise a excellé dans la diction et la justesse du chant, il a pourtant, confie t-il, apprit le texte de certaines chansons écrites  pour lui, à la dernière minute.

La prise de son et les arrangements sont signés Tayeb Drifoul, un chef d’orchestre de la RTA qui a fait roulé sa bosse, même s’il est jeune, il a même osé toucher au mixage,  travail qui demande une connaissance technique et théorique plus approfondie. Un autre point positif dans la sonorité de  l’album,  les sons jazzés du synthétiseur et les guitares très bien intégrés, ainsi que les percussions pas mal réalistes. L’utilisation non exagérée de l’effet robotique sur la voix (une mode qui ne veut pas décamper, chez la plupart des chanteurs et chanteuses raï) n’a heureusement pas nuit à la qualité du son.  Les paroles des chansons de l’album, touchent  des sujets comme le mal de vivre, l’exil, l’amour, le déchirement, mais aussi à la responsabilité, la confiance, la sincérité des sujets dits dans une langue « terre à terre » que comprends, et dont se reconnait, tout  jeune, tout immigrant, tout aimant ou carrément  tout  homme,  comme sait bien le représenter Fayçal dans sa façon d’être et de dire au naturel.

Avec cet album, la FAC productions dénombre, déjà, plusieurs produits audio et vidéo, faits pour des artistes Montréalais d’origine algérienne.  Antiya hiya de Fayçal est le quatrième après Ouallah ya h’bibi de Cheb Salem ; Fidélité de Cheb Menou et  Zinet el boulden de Djamel Lahlou.  Avec toutes ces productions récentes, on comprend que les artistes Montréalais cherchent, fermement, à sortir de l’anonymat. Leurs passages fulgurants dans les médias algériens prouve qu’il y’a chez eux une volonté  forte de regagner une place de choix dans l’arène artistique algérienne.  Leurs prestations sur scène et leurs produits de qualité, c’est le cas de le dire, a atteint le niveau de maturité escompté par  un public d’ici qui a déjà donné son verdict, qui a toujours répondu présent  quand il est sollicité et qui  est, d’ailleurs,  fier de ses ambassadeurs de l’art algéro-canadien.
Ibrahim Ameur, Directeur de La FAC productions a compris, plus que jamais que le meilleur résultat  est toujours le fruit du travail d’équipe, il avoue qu’il a appris à donner,  aux gens du métier sa confiance pour aller de l’avant, dans ses projets de production audio visuelle, touchant la culture algérienne. Il a lancé, en cette même occasion, à tous les artistes qui auraient un projet solide, de s’approcher de son équipe de production, afin de concrétiser plus de produits artistiques valables, ainsi va grandir la sphère des gens qui croient en la « façon algérienne » de faire.

Par ailleurs, il est à noter qu’un produit artistique de qualité n’est pas la responsabilité unique de l’artiste créateur ou de l’interprète.  Mais c’est aussi  de l’implication et l’accueil de son public, du degré d’acceptation dans la gente sociale et  de l’apport des  sphères d’affaires.  En d’autres termes l’aide psychologique et matérielle n’est pas à sous-estimer dans son apport certain à tout travail de création.

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