Rendez-vous manqué, chronique sur un livre non lu.

Légende des temps immémoriaux, quand les mots n’existaient pas.
- Ange : tu es un monstre!
- Monstre : c’est toi qui m’as crée
- Tu me fais peur
- Tu m’as donné la vie
- Je veux la reprendre
- Je te l’offre.

Concentrez-vous sur le dialogue ci-dessus. Relisez-le deux fois, trois fois!
Votre esprit a voulu s’évader, n’est-ce pas? Retenez-le!

De nos jours, les mots, les langues existent
C’est juste une digression sur un livre non lu écrit par une femme de maintenant concernée par une tragédie qu’elle n’a pas vécue. Un livre qui pourrait – au conditionnel - être synonyme d’une perclusion affective.
Écrire sur une tragédie non vécue, sans être historien, très jeune, rester objectif, avoir les bonnes distances par rapport aux acteurs, croire ou ne pas croire, vérifier et conformer les témoignages, un défi djurdjurien, un challenge monstrueux.
Monstrueux, sec diriez-vous. N’ayez pas peur des mots quand la blessure et la plaie plutôt l’honneur et la joie sont faites de cicatrices mémorielles. Lisez le Rendez-vous manqué d’abord, ensuite faites une ou plusieurs mises au point aux scribouillards de ces lignes qui sont deux: A. Z et Z. A qui, même s’ils sont différents sont un et un seul.
L’ange est la liberté voulue et arrachée par la violence des armes portées par des martyrs. L’ange est aussi la liberté confisquée, violée et dans laquelle vous croyez vivre, vous aimerez vivre. Le monstre, c’est la guerre, dernière phase d’une révolution d’Algérie, notre patrie.
Le monstre c’est la guerre dont vous avez entendu parler; les guerres que vous vivez, celles que vous voyez et celles, nombreuses, dont vous ne parlez même pas.

« Tu mérites une révolution! ». C’était un engagement pour la patrie qui court toujours
L’ange c’est la vérité, le monstre c’est le mensonge. Ne pensez pas au poète, il n’a rien à voir dans ce sérieux papier; pour le pas sérieux, celui qui parle de l’Algérie entre le baril et la jarre est un modèle du genre.
Lisez à vous essouffler, faites un sprint de lecture! Le baril est celui de la poudre noire des balles ou du napalm qui a empêché des yeux de se regarder, de se connaitre plus. Ceux d’un homme qui était déjà Homme et d’un enfant qui n’était pas encore femme, une bébée, oui une bébée.
La femme de l’enfant née d’une complicité avec un homme a, elle, voulu ne pas rater le rendez-vous, celui porté par l’ADN, transmis par la mémoire. Approchez votre oreille! La mémoire c’est votre histoire, c’est cette indépendance que vous avez perdue, c’est cette liberté qui vous a été confisquée.
Reprenez votre rythme normal de lecture.
À une certaine période, celle de la recherche de la liberté, de la dignité avec le feu, avoir 15, 18, 25 ans ou pas loin, c’est être un homme. En 2014, en avoir 30 et même plus, c’est être jeune. Un rictus pour vos malheurs.
Des morts de vies inutiles, nuisibles aux autres, à vous, il y en a eu et il y en aura encore! Bof. Des morts de vies courtes, il y en a eu et il y en aura; et certaines disparitions ont abrégé des vies qui ont été utiles.
Une vie, courte, même très courte, si elle est donnée pour un ange, la liberté, devient éternelle. Lisez le, ne manquez pas le rendez-vous, il est dans le livre, un livre dans une jarre. Flagellez-vous!
Imaginez là, abimée avec un tout petit chas. Duquel coule une valeur.

La valeur, le baril, la jarre, l’Algérie  
Attention aux nausées! Habittou wella krahtou; que vous vouliez ou non; wether you like it or not; en kabyle, vous la connaissez; la guerre est un mécanisme économique. La liberté aussi.
Le rendez-vous manqué à Tizinda, a une valeur supérieure à son cout. Celle définie par la monnaie est éphémère. Elle est dévaluable. Celle alimentée, comme en Algérie et ailleurs, par le sacrifice n’a pas, à ce jour, de fonction mathématique et c’est un problème énorme en économique!
Jeremy Bentham a dit qu’une vie ne vaut pas plus qu’une et pas moins qu’une. En d’autres mots, la valeur d’une vie est égale à chacune de celles de toutes les autres. En plus de ne pas avoir pensé au futur, a-t-il oublié de dire qu’il s’agit aussi d’une question d’approche : par les préférences ou les utilités. Et c’est à vous de déblatérer sur ces deux machins.
Deux pistes pour vous aider. Si la valeur d’un livre est fonction de vos préférences de lecture et si vous n’avez pas lu le Rendez-vous manqué, vous ne pourrez pas définir son utilité. L’inverse maintenant : si vos lectures dépendent de l’utilité que vous voulez en tirer et si vos préférences vont aux trucs à l’eau de rose au lieu de ceux de votre histoire, identité et culture,  elles risquent de porter préjudice à vos gains…à votre vie. Donc, dans les deux cas, vous devez le lire.
Dites à ceux qui vous parleront de la main invisible de se taire. Car point de main invisible quand le cœur, en aimant, voit; quand le cœur, en saignant, dit; quand des doigts suffisent pour l’écrire. Et dans ce cas, un livre comme Le rendez-vous manqué écrit par une femme, même si c’était dans son jeune âge, a une plus grande valeur parce qu’il est naif et la naiveté, n’est pas de la niyya à l’algérienne, celle de la trahison, du coup dans le dos, c’est ce qui sort des tripes, c’est ce qui sort d’une âme.  
Il est permis de penser que des odynophagies et soulagements ont jalonné la création du Le rendez-vous manqué.

Le Rendez-vous manqué dans  l’agherval – le tamis- du lecteur.
Plusieurs genres de tamis, d’ighervallènes, existent.  C’est le plus gros, pas le plus fin,  qui sera utilisé pour répondre à la  question de l’honnêteté.   
L’ange, la vérité, toujours la vérité. Le pigiste qui vous sert connait très bien l’auteur du livre : la preuve, il ne l’a jamais rencontré, ni vu! Souriez ou bien dites qu’il est en train de se.... Trois points de suspension plus un point final ca fait quatre points.
C’est grâce à un artiste et certains médias qu’écrire sur un livre non lu, un rendez-vous manqué  a été possible. C’est grâce aussi à des chroniques dans une télévision et à ce générique qui commence par : « Ilmènde oussiwèle… ». Juste le générique. Ni A. Z, ni Z. A n’ont lu le livre. Juste des comptes-rendus insipides et une interview avec des questions condescendantes limite hautaines et des réponses passionnées et passionnelles.
Les réponses passionnelles l’ont été pour cet Homme victime d’une trahison, pour l’enfant qui lui a donné naissance; les passionnées pour l’écriture, le besoin d’écrire, comme celle-ci.
Puisque le monstre, la guerre est un viol de l’ange qu’est la liberté; elle-même peut devenir sanglante pour dire la vérité au monstre.
Pour revenir à la valeur, pour A.Z, Le rendez-vous manqué sera une lecture préférentielle, pour Z. A, une utilitariste. Lisez-le et décidez de vos options. Mettre un livre, Le rendez-vous manqué, entre un ange, la vérité et un monstre, la guerre, c’est comment déjà et ce n’est pas une question.
Une impression que vous, lecteurs, êtes perdus dans ce texte! Quand vous êtes au sud comme en Algérie, le nord est en haut dans la direction de Tadoussac. Il s’agit juste d’une digression sur Le rendez-vous manqué à…  qui n’a pas été lu ni par A.Z, ni Z.A.
En Algérie, avec ses archaismes, mépris et railleries, un auteur, jeune, est vilipendé par sa génération qui découvre les premiers gestes du fardage des ongles, des joues, des lèvres et des paupières; peut-être loué avec un air goguenard, un effet de surprise, la bouche bée par les plus âgés. Ailleurs, non!
Bilan de ces archaismes et mépris : nous l’avons payé en vivant sur une terre hachée ou par quitter une patrie ensanglantée. Malheureusement, ce n’est pas fini.
Inquiétez-vous pas, le Paradis réunira cet Homme, sa fille et sa petite-fille et dans une digression comme la présente, il manque toujours une phrase. Dites-là, écrivez-là! Là voici : habitants de cette Terre, vos jarres sont belles.
Du ventre des mères, sortent toujours des bijoux. Certains deviennent des perles, des diamants quand ils savent faire sekksou. D’autres deviennent des monstres. Souriez! Versez une larme pour…la liberté, l’amour : celui d’un auteur pour un Homme qu’elle ne connait pas. Auteur et elle, ne cherchez pas la faute.
Ignorant tout de sa vie, donc ce qui suit peut ne pas être forcément vrai. Si un auteur se rappelle qu’il a été pincé, fessé par sa Mère et son Père,- remarquez les majuscules svp,  il doit sourire. Et avec une immense déférence pour Eux, vous devez regretter, un peu, peut-être, d’avoir mis du piment sur ses-ces lèvres.  Si vous l’avez fait!

Post-scriptum. Ni le titre complet du livre, ni son auteur n’ont été cités, la raison est simple : le livre n’a pas été lu. Pour tout reproche sur l’éthique, A.Z répond qu’il s’agit d’une digression fictionnelle sur un événement qui s’est réellement produit, l’écriture d’un livre.  
Contexte d’écriture. Pédanterie : texte rédigé la veille et la matinée d’un examen. Vérité : c’est une catharsis, résilience. Et tant pis pour les résultats.

 

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