Premier festival international Alger`Rire au chapiteau du Hilton: Un panaché de divertissement

Jeudi soir, si le public algérois découvrait avec bonheur le Couscous comedy show de Montréal, bien qu'il soit un pur régal, il nous laissera quand même un peu sur notre faim.

«Ça va être le b... organisé!» nous a indiqué l'un des organisateurs, appuyé un peu plus tard par les dires de l'humoriste Smain qui annoncera, d'emblée la couleur de la soirée. Celle-ci viendra du Grand Nord, à savoir le Canada. Mais quoi donc? Timidement, le public venu pas vraiment en masse, contrairement à la soirée d'ouverture, a pu toutefois faire connaissance et en exclusivité avec un artiste de talent qui n'est pas venu les mains vides. Lui, c'est Unclefofi notre Droopy national alias Fares Mekidech, un algérien originaire de la ville de Jijel.
A la manière du Grand cabaret, ce dernier a drainé avec lui de la musique, de la danse, de la magie et beaucoup d'humour lors de la présentation, pour la première fois en Algérie, de son spectacle le Couscous comedy show de Montréal conçu et produit par Him Self.

Unclefofi, en maître de cérémonie établira, en effet, une ambiance interactive avec le public, et présentera les artistes qui l'entourent dans ce projet depuis 2009. Le premier comédien à monter sur scène est le jeune talent algérien, Zoubir Belhor, découvert dans un concours à la télévision (Kahouat el gosto), qui a fait ses premiers pas dans le monde du stand-up avant de laisser place à la musique et de dérouler le tapis au Couscous comedy show de Montréal.
Ce spectacle, que Broshing Event a eu l'ingénieuse idée de ramener en Algérie a rassemblé sur scène, en effet, plusieurs artistes de différents horizons, dont un magicien illusionniste québécois, Sébastien Louis XVI, affable et très talentueux qui fera participer une personne choisie parmi la salle, et s'adonner à un numéro de devinettes qui séduira par ses tours de passe-passe et son sourire contagieux. Sur scène, encore un groupe de musiciens composé notamment de Nadjim Bouizzoul, du groupe Labess, jeune chanteur et guitariste algérien vivant au Canada et deux autres guitaristes du grourpe Edey qui revisiteront à la sauce flamenco, des morceaux comme Kifach ilti et Chemâa de Kamel Messaoudi, mais aussi d'autres humoristes qui ont su gagner leur trac et conquérir le coeur du public. Il s'agit plus particulièrement de ce black haïtien, Reginald Delinenne vite adopté par les Algériens qui racontera par des blagues à peine dissimulées les tares du racisme dont il fait souvent l'objet.

Un «kahlouch» néanmoins sympathique et très drôle! Sur scène, d'autres humoristes qui se relayeront pour raconter leur vie et leurs déboires afin de vivre de leur métier dont cette Tunisienne (une femme enfin) Samia Orosemane dont le spectacle consistait à décortiquer les traits des immigrés en France et leur degrés de tolérance avec déconnade bien entendu..

Un autre humoriste cette fois qui réussira à décrocher des rires avec son spectacle Liberté, fraternité just do it! est l'Algérien Samy Amara, «un Kabyle de Paris». Ce dernier évoquera surtout et de façon très subtile les maux liés au racisme envers les musulmans de France et la capacité d'intégration des immigrés, sans oublier de parler de la passion que suscite le foot en Algérie et les mordus de jeux vidéo. A ce propos, on invitera sur scène El Diabolo, maître ouvragé du dessin animé Les lascars, qui met en scène des personnages souvent dans des situations bien cocasses.

Wahid, qui fera une brève apparition sur scène, rallumera encore la flamme au milieu du public en fredonnant les chansons de stades. Et c'est en guest star SVP que s'est produit en finish, Phil Darwin, humoriste originaire du Congo, venu présenter en exclusivité son nouveau spectacle, appelé tout simplement This is... Phil Darwin! Considérant la scène comme chez lui Unclefofi qui évoquera sa propre vision sur l'Algérie qu'il «porte dans son coeur depuis qu'il était étudiant», a fait aussi monter son oncle pour un petit tour de chant émouvant.

Un instant plutôt de flottement surréaliste, mais incongru comme le sont certains artistes complètement farfelus. Mais l'humour reprendra vite sa place pour égayer l'atmosphère et remettre du punch de nouveau dans la salle. La veille, le public avait rendez-vous avec le stand up, notamment avec notre star bien à nous, Kamel Bouakaz qui n'a pas dû démériter une seconde. Car l'Algérie possède aussi une pépinière de talents qui ne demandent qu'a éclore.

Source: L'Expression du 04 mai 2013