Nabil, l’Algérien qui rêve de faire venir Khaled à Montréal

A 23 ans, Nabil Benchaâbane est l’homme derrière la venue du chanteur et poète Lounis Aït Menguellet à Montréal où il y a donné un concert à la salle l’Olympia.
Plus de 1200 heureux fans de tout âge ont pu voir la légende de la chanson kabyle le 1er juin dernier grâce à ce jeune diplômé en administration et gestion. Le milieu du spectacle n’est pas étranger à ce natif de Tizi Ouzou. Dès l’âge de 18 ans, il est promoteur pour le Club 737, la boîte la plus courue de Montréal à l’époque. «Le travail dans les coulisses du spectacle et des clubs m’a permis de démystifier le métier», affirme celui qui a pu approcher plusieurs stars américaines du hip-hop venues à Montréal. Même si son père et sa mère voulaient le voir pilote pour l’un et médecin pour l’autre, Nabil Benchaâbane avait déjà un plan en tête : producteur de spectacles.

Une certitude acquise après avoir côtoyé d’autres organisateurs de soirées  hip-hop. Il lance alors JetSet Montréal en 2011, sa propre compagnie de production de spectacles. La maturité de Nabil Benchaâbane lui a permis de convaincre les responsables de l’Olympia de programmer Lounis Aït Menguellet malgré une règle qui interdit de produire un chanteur qui a déjà annulé un concert – en 2007 le chanteur kabyle a dû annuler une soirée prévue à la même salle. Le soir du spectacle, Lounis Aït Menguellet n’a pas tari d’éloges sur le jeune promoteur. Avant de commencer le concert, il l’a remercié devant les 1200 spectateurs. «Nabil est jeune, mais grand par ses idées et son savoir-faire», a lancé le chanteur qui, habituellement, n’est pas très bavard sur scène. «Mon cœur a failli s’arrêter de battre. J’ai eu les larmes aux yeux», se rappelle Nabil Benchaâbane qui n’est pas connu pour montrer ses émotions en public.

Les éloges de Lounis Aït Menguellet ne sont pas le fruit du hasard. «Que veut un chanteur ? Il veut une prise en charge correcte de A à Z pour lui et ses musiciens. Il veut aussi une bonne sono qui est le secret du succès d’un concert, ça représente 80% d’un spectacle...», explique le jeune entrepreneur qui trouve aberrant que certains organisateurs hébergent chez eux les chanteurs qu’ils invitent. «Un artiste a besoin d’intimité !», ajoute-t-il. L’avenir, du moins le plus proche, aura une couleur algérienne. Nabil Benchaâbane a flairé le filon : ramener le maximum de chanteurs algériens au Canada. La communauté ne cesse de grandir et il y a de la place pour tous les goûts. Son rêve actuel, qui n’est pas si fou que ça, est de «remplir le centre Bell avec Khaled !». Le centre Bell est pour Montréal ce qu’est la coupole du complexe olympique Mohamed Boudiaf pour Alger. S’il réussit le pari de remplir les 20 000 places, ce sera la confirmation d’un début de carrière prometteur.                           

Source: El Watan - 6 juillet 2012