L’été culturel algérien à montréal: Khaled, Rachid Taha, Lynda Thalie, Yazid, Benaissa et les autres…

Montréal : Les étés se suivent et se ressemblent à Montréal qui connaîtra à nouveau une saison d’été riche en activités culturelles.
Il faut dire que les initiatives sont diverses et sont le fruit d’une programmation planifiée de la part, soit d’intervenants expérimentés (Festival international de Jazz de Montréal les francoFolies, Ville de Montréal, théâtres municipaux) ou alors de simples opérateurs et associations sans but lucratif.

Les actions conjuguées et nullement concertées de tous ces intervenants aboutissent à un résultat remarquable : Montréal devient le pôle touristique en Amérique du Nord avec des millions de touristes qui convergent vers la métropole pour joindre l’utile et l’agréable. C’est en été que se mesure l’importance économique de la culture: les consommateurs de la denrée culturelle affluent de partout et font revivre les commerces (restaurants et hôtels), les salles de spectacles, les places publiques, les musées, les transports… en injectant des centaines de millions de dollars qui contribuent à créer de l’emploi, moteur de l’économie et dont le bon niveau permet la croissance économique et par là l’espoir et la vie meilleure.
Khaled, le roi toujours vivant….et au Festival international de Jazz de Montréal.
Pour la communauté algérienne établie au Canada et particulièrement à Montréal, l’été est annonciateur de retrouvailles avec la culture algérienne. Cela est de plus en plus vrai que depuis que l’Équipe Spectra qui est derrière l’organisation du plus grand Festival international de Jazz du monde et des FrancoFolies de Montréal, a fait de la présence d’artistes algériens une habitude.
Rappelons-nous seulement les prestations et la présence continue des artistes tels Rachid Tacha et de Khaled depuis une décennie à ces événements pour comprendre la place que ces voix occupent dans ces événements.
Pour cet été, et à tout seigneur tout honneur, la palme va à Khaled qui se produira en un concert exceptionnel le 5 juillet 2005 au Métropolis, qu’il a déjà enflammé par deux fois (1999/2003), et auquel un prestigieux prix sera décerné. Cette distinction fera du roi le deuxième récipiendaire de l’illustre prix Antonio-Carlos Jobin, après qu’Ibrahim Ferrer du légendaire groupe cubain Buena Vista Social Club en fut le premier lauréat! Il s’agit là d’une légitime reconnaissance du talent et de l’apport du roi Khaled aux musiques du monde. Mentionnons qu’après Montréal, Khaled repartira aux États-Unis pour terminer son long périple dans ce pays et reviendra au Canada pour un concert unique dans la ville de Québec le 17 Juillet à l’invitation du Festival d’été de la capitale provinciale et clôturer ainsi sa tournée en Amérique du Nord (USA, Canada).
Rachid Taha, le maître du Traditionnel-Rai-Rock-Reggae à Québec.
Depuis son apparition sur les scènes extérieures des FrancoFolies en juillet 1998, Rachid Taha est de toutes les programmations des festivals au Canada (Vancouver, Ottawa, Moncton, Québec). Le charismatique chanteur, qui bouge et aime faire bouger, reviendra cette fois ci à Québec et se produira le 9 juillet dans le cadre du festival de Québec. Il ne croisera pas Khaled avec la complicité duquel il a enflammé le Zénith avec 1,2,3 Soleil.
Il profitera de sa présence pour poursuivre la promotion de son dernier album « Tékitoi » qu’il a entamé en mars dernier à Montréal et qui fait déjà fureur avec des morceaux d’anthologie tel que le mythique Rock the Casbah (The Clash).
Slimane Benaissa, le dramaturge est de retour
Sur un tout autre plan, et bien avant le mois de juillet, Slimane Benaissa a déjà frappé par trois fois en mai, présentant sa dernière création théâtrale "Confession d’un musulman de mauvaise foi"qui a obtenu un bon succès et drainé une nombreuse assistance pour les trois représentations qui se sont déroulées à Montréal, Beloeil et à l’Assomption. Cette œuvre, qui est une coproduction de trois théâtres (Canada, Belgique et France) retrace par le rire la vie et le parcours d’un jeune musulman depuis sa naissance en 1945 jusqu’à l’âge adulte. Pour résumer, laissons l’auteur s’exprimer sur son œuvre : "C’est l’histoire d’un enfant qui naît sous la colonisation française, grandit pendant l’indépendance et connaît ensuite l’intégrisme. Ce sont donc trois ruptures au sein de sa société. Elles se compliquent au contact de ces trois ruptures biologiques qui sont l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte…Le décalage entre ces trois périodes de cassure crée le séisme d’in individu. Et ces secousses que l’ont pourrait presque qualifier de telluriques, vont ici dévoiler simultanément la problématique de l’islam…"
Voilà un thème bien d’actualité dont s’est servi Slimane Benaissa, qui a promis un retour pour de nouvelles représentations à travers le Canada, comme cela fut le cas l’an dernier pour sa précédente création "Prophètes sans dieu" qui connut également un succès.
Lynda Thalie, à « Tumbuktu, les Transarts Africains » et à la fête nationale du Québec
C’est la reconnaissance du talent de cette jeune chanteuse qui est tout simplement le fruit de son travail qui lui permettra de participer au gala de la fête nationale qui aura lieu le 24 juin 2005. En effet, et comme de tradition, la fête nationale du Québec est clôturée par une gigantesque soirée artistique où défilent les artistes engagés. Cette année Lynda Thalie sera parmi les chanteurs qui animeront la soirée qui regroupera dans un immense parc au centre de Montréal 100 000 spectateurs qui ne se sépareront qu’après le traditionnel feu d’artifice de la St Jean Baptiste.
L’étoile montante au Canada, l’Algérienne Lynda Thalie, dont il n’est pas inutile de rappeler qu’elle est la seule femme arabe à "sévir" sur les scènes et salles de spectacle du Québec se produira au profit de « Tumbuktu, les Transarts Africains », association sans but lucratif, qui organise annuellement une série d’événements (conférences, expositions, musique, gastronomie) qui mettent à l’honneur un pays africain. Après le Mali, Haïti et le Sénégal, c’est le tour de l’Algérie, pays que les organisateurs ont décidé de mettre à l’honneur du 16 au 19 juin 2005. Il n’est pas inutile de mentionner que la recherche de partenaires officiels algériens n’a pas été couronnée de succès. Selon la représentation consulaire aucun budget n’est octroyé pour de tels événements. Cependant cette manifestation se tiendra malgré tout grâce et cela grâce à l’appui financier et matériel octroyés à l’association par la municipalité de Longueil, le ministère du Patrimoine Canadien et des compatriotes qui figurent comme commanditaires de l’événement. D’ailleurs la porte-parole de l’événement n’est nulle autre que Lynda Thalie, qui véhicule une belle image de l’Algérie. Elle se produira lors d’un spectacle le 10 juin et donnera la primeur au public en interprétant des morceaux de son prochain album. Cette artiste accomplie, qui selon un confrère « ferait fondre l’hiver québécois », et dont la réputation n’est plus à faire au Québec ne rate aucune occasion pour interpréter « Alger, Alger » de Lili Boniche, débarquera le 29 juin à Sidi Fredj pour conquérir (sans jeu de mots) ce à quoi elle tient le plus : l’Algérie. Après une halte à Annaba le 3 juillet et Oran le 6 juillet, elle reviendra à Montréal se préparer pour son spectacle du 3 août à la fameuse place des arts et faire la première partie d’une soirée arabo-andalouse avec Enrico Macias.
Panorama du cinéma algérien à la Cinémathèque du Québec
L’absence de moyens financiers dans les budgets du consulat n’a, cependant, pas été un obstacle pour la représentation pour demander à la cinémathèque québécoise de programmer une rétrospective de films algériens. Il faut dire que cela ne nécessite aucunement de gros moyens financiers; les spectateurs s’acquittant normalement du droit d’entrée. Ce projet était prévu de longue date et était programmé pour les activités commémorant le cinquantenaire du 1er novembre. Ainsi, les cinéphiles pourraient revoir les belles réalisations du cinéma algérien qui seront à l’affiche à la cinémathèque de Montréal: Chroniques des années de Braise, l’Opium et le Bâton, Noua, la Citadelle et Rachida.
Le Centre culturel algérien au premier Festival Interculturel de Montréal
La Ville de Montréal, en invitant les communautés culturelles à prendre part à ce nouveau festival qui était, à l’origine, destiné à promouvoir la culture caribéenne et latino-américaine, s’est ravisée en cours de route et a tenté d’intégrer les pays arabes à cet événement qui se déroulera du 25 juin au 24 août 2005 à l’Ile Notre-Dame.
La Ville de Montréal, en créant cet événement et en injectant un million de dollars en infrastructures, désire faire la promotion de ce site enchanteur de l’Ile Notre Dame située au large de l’Île de Montréal (oui, Montréal est également une île) pour encourager les Montréalais à mieux connaître leur environnement et en faire une destination touristique.
Sollicitées par les organisateurs, les associations algériennes n’ont pas montré suffisamment d’intérêt, à l’exception du Centre Culturel Algérien de Montréal, qui, en tant qu’association sans but lucratif, appréciée pour son travail en direction de la communauté algérienne grâce à son organisation et surtout à ses bénévoles, a montré sa disponibilité pour participer du 27 au 30 juin 2005 aux journées consacrées aux pays arabes (Liban, Maroc, Tunisie et Algérie).
Une aide financière des deux paliers de gouvernement (provincial et fédéral) est prévue en complément de la logistique à la charge de la Ville de Montréal dont l’administration fait les yeux doux aux communautés culturelles en cette période d’avant les élections municipales de septembre prochain. Pour montrer l’importance que cette opération représente aux yeux de l’administration du maire Gérald Tremblay, ce n’est nul autre que son frère Marcel, qui supervise le projet. M. Marcel Tremblay, connaît bien l’Algérie pour y avoir séjourné et travaillé de longues années.
Cheb Yazid fête ses 10 ans de carrière à Montréal
Cet artiste dont le talent et l’engagement dans des causes sociales aux côtés des jeunes et des femmes est reconnu et très apprécié par les algériens, revient à Montréal pour un concert le 3 juin prochain. Il se produira dans un grand restaurant libanais « El Kanater». Cet événement est en fait l’occasion pour Yazid de fêter ses dix ans de carrière. L’artiste engagé lancera à cette occasion son nouvel album « Bye Bye » dont la vidéo clip de la chanson « Hya Hya » tourné l’hiver dernier à Montréal. En primeur et pour les adeptes et curieux, cette réalisation est visible sur l’incontournable site Internet Algeroweb (www.algeroweb.com) qui regroupe toute l’information sur les activités culturelles intéressant la communauté algérienne au Canada et que les internautes algériens d’Amérique du Nord visitent par centaines tous les jours! Il faut dire que le promoteur de ce site, qui est président d’honneur pour cette année de « Tumbuktu », est un bénévole convaincu et acharné de la nécessité de communiquer l’information à tous.
Hamidou, pour les dix ans d’alfa, le journal communautaire
Toujours pour le mois de juin, et après Chaouli qui a laissé un très bon souvenir en novembre dernier, la direction du journal communautaire Alfa, qui fêtera son neuvième anniversaire, récidive et invite le chanteur de charme bien connu, Hamidou qui donnera deux prestations les 9 et 10 juin prochains.
Samir El Arbi expose ses œuvres
L’artiste peintre algérien qui a signé l’affiche du 21ème festival du film africain et créole de Montréal, Samir Mohamed El Arbi qui réside au Québec depuis 1996 a été lauréat de nombreux prix octroyés à des créateurs artistiques. Samir El Arbi a œuvré en design graphique avant de se consacrer à la peinture à plein temps. Virtuose du portrait, ses toiles témoignent de la chaleur humaine de ses personnages avec des jeux de lumière et des couleurs chaudes alliant classicisme et modernité. Ses marines, résolument contemporaines, vibrent d’une palette bleue dans une gestuelle éclatante de couleurs pures. Il a notamment décroché le premier prix international au récent gala des artistes visuels. Membre du cercle des artistes peintres et sculpteurs du Québec, il expose ses dernières œuvres à la galerie Richelieu de Montréal depuis le 20 mai. Avec cette exposition, l’artiste nous entraîne dans l’univers coloré de la méditerranée : les teintes sont ardentes, la palette se décline dans les tons de rouge, jaune ou brun. Une lumière, le plus souvent chaude, sculpte le sujet, accentuant les contrastes; les vêtements s’imposent au regard par la vivacité de leurs coloris, les bijoux, par leur richesse.
Formé à l’École supérieure des Beaux Arts d’Alger, Samir, a mis la barre très haut et s’est donné comme maître, nul autre que le très grand Léonard de Vinci. Cependant, un regard sur les toiles exposées nous révèle l’influence des impressionnistes comme Manet, Pissaro, Renoir et Degas. Une touche des peintres orientalistes tels Delacroix et Dinet est également présente dans ses magnifiques tableaux qui laissent peu de place à l’insensibilité.
Vues d’Afrique rediffuse Viva l’Aldjérie
Le succès de Viva l’Aldjérie de Farid Mokhnèche lors du 21eme festival du cinéma africain d’avril dernier a déterminé les organisateurs de cet événement, l’association « Vues d’Afrique », à programmer la projection de ce film dans le cadre du cycle « Ciné clair de lune » qui se déroulent tous les ans au Théâtre de verdure du parc Lafontaine. La projection de ce film en soirée en juillet, sera précédée d’un concert que donnera le groupe de Djamel Lahlou qui excelle dans tous les styles de musique algérienne.

Source: http://www.algeroweb.com

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