Des inquiétudes de plus en plus sérieuses sur le Bisphénol A

Maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, concentration anormale d’enzymes hépatiques… Selon une étude britannique , le bisphénol A (BPA) serait particulièrement nocif pour l’homme. Et nul besoin  de grandes quantités. Une exposition régulière à de faibles doses de ce composé chimique, présent dans les produits plastiques, suffirait.

Alors que le BPA est couramment utilisé dans la fabrication de biberons, de bouteilles et autres emballages plastiques, l’Agence américaine des médicaments (FDA) a réitéré mardi les conclusions de son rapport préliminaire publié en août dernier,  selon lequel il ne présenterait pas de risque pour la santé…

Le Pr David Melzer, principal auteur de cette nouvelle étude, précise pour sa part que « des travaux complémentaires seront nécessaires pour confirmer nos conclusions ». Son équipe de la Peninsula Medical School, à Exeter dans le Centre de l’Angleterre,  a passé en revue les dossiers médicaux de 1 455 adultes de 18 à 74 ans. Tous ont vu la concentration de BPA dans leurs urines mesurée, puis rapprochée de leur état général.

Résultat, « les participants qui présentaient les plus forts taux de résidus de BPA avaient presque trois fois plus de risque que la moyenne de souffrir d’une maladie cardiovasculaire ou d’un diabète de type 2 » constate David Melzer. « Des anomalies hépatiques ont également été relevées chez plusieurs participants ». Ce n’est donc pas très rassurant...

Certes, la nocivité du BPA est soupçonnée depuis longtemps. Dès 2003, une étude pointait déjà son rôle dans la multiplication cellulaire des embryons de souris. Mais c’est bien la première fois qu’un lien est établi entre ce composé chimique et le développement de maladies chez l’homme.

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Sommeil : à l’adolescence, c’est 9 heures par nuit
Une étude américaine met une nouvelle fois en évidence l’importance d’un bon sommeil à l’adolescence. En plus du risque de somnolence diurne, les ados qui dorment peu ou mal présenteraient un risque supérieur d’hypertension artérielle.  Le Dr Michael Terry et son équipe du National Heart Lung and Blood Institute  (NHLBI) ont veillé les nuits de 238 adolescents de 13 à 16 ans. Les participants ont ainsi dormi sous les yeux des scientifiques, à la maison (7 nuits) mais aussi en laboratoire (1 nuit) où leurs cycles de sommeil ont été analysés. Leur tension artérielle aussi, a fait l’objet de mesures régulières.

Au final, « les adolescents en bonne santé mais qui dorment moins de 6,5 heures par nuit ont un risque 2,5 fois plus important de présenter une tension artérielle élevée par rapport à ceux qui dorment plus », explique Terry. Il insiste également sur l’importance d’un sommeil de qualité à l’adolescence. « Un ado a besoin de 9 heures de sommeil par nuit. Or dans cette étude, la moyenne était de seulement 7,7 heures. Et un ado sur dix dort même, moins de 6,5 heures »…

Les allergiques n’aiment pas le stress
Vous souffrez régulièrement d’un rhume des foins, ce qu’on appelle  aussi une  rhinite allergique ? Prenez garde au stress ! D’après une étude américaine, il augmenterait non seulement la durée mais aussi l’intensité des épisodes allergiques. Le Dr Ronald Glaser et son équipe de la Ohio State University , ont suivi 28 hommes et femmes souffrant de rhinite allergique. Durant deux jours et demi, ils ont été soumis à des tests pour  mesurer leurs réactions à différents allergènes. Tous ont également été confrontés à des situations plus ou moins stressantes.

Pour reproduire ces conditions de stress en laboratoire, les participants ont été filmés, lisant un article de magazine à haute voix ou résolvant des équations mathématiques en un temps imparti. De cette manière, les auteurs ont montré qu’en période de stress, les réactions allergiques chez certains sujets, étaient jusqu’à deux fois plus importantes qu’en temps « normal ». Ce n’est pas tout. Le risque de nouvelle réaction allergique 24 heures après l’épisode de stress, serait aussi 4 fois plus important !

Pour le colon, du chewing-gum en post-opératoire ?
Une étude britannique  confirme les bienfaits de la gomme à mâcher dans les suites de chirurgie du colon. Elle permettrait en effet aux fonctions intestinales de se rétablir plus rapidement, si l’on en croit une méta-analyse réalisée à Londres. « Après une chirurgie du colon, la plupart des malades ne tolèrent pas la nourriture » explique l’auteur. L’intérêt du chewing-gum est de permettre en quelque sorte, de faire fonctionner le système digestif (il stimule les fonctions nerveuses, permet la sécrétion salivaire…) sans qu’il y ait à proprement parler de digestion.

Les chercheurs ont compilé les données de tous les travaux réalisés sur le sujet. Au total, leur étude a inclus 158 patients ayant subi une chirurgie du colon. Certains ont dû, les 3 jours suivant l’intervention, mâcher du chewing-gum -« sans sucres »- pendant 45 minutes, trois fois par jour. Les autres ont constitué le « groupe contrôle ». Résultat, les patients de la « cohorte chewing-gum » ont vu leurs fonctions intestinales se rétablir plus rapidement que les autres. De là à « prescrire » systématiquement de la gomme à mâcher aux malades, il y a encore un pas que les auteurs s’abstiennent de franchir. A leurs yeux, des études complémentaires, randomisées, en double aveugle et contre placebo doivent être conduites pour confirmer ou infirmer ce résultat.

Ces kilos qui aggravent l’asthme
Asthme et obésité ne font vraiment pas bon ménage. A en croire les résultats d’une étude américaine, un patient à la fois obèse et asthmatique serait 4 fois plus exposé à une hospitalisation qu’un malade souffrant uniquement d’asthme. Le Pr David Mosen, du Kaiser Permanente Center for Health Reseacrh  de Portland, a suivi 1 113 patients de plus de 35 ans atteints d’asthme sévère. Ces derniers devaient répondre à toute une série de questions concernant leur poids, leur taille, leur statut tabagique, leurs hospitalisations…

Résultat, les kilos en trop pèsent aussi sur la maladie asthmatique. Mauvais contrôle de l’asthme, qualité de vie détériorée… Sans oublier la fréquence bien plus élevée d’hospitalisations. L’auteur a également observé parmi les patients obèses et asthmatiques, une consommation plus importante de corticoïdes. Dernier constat, les malades souffrant des deux maladies se recrutaient davantage parmi  les classes sociales les plus défavorisées.


[1] JAMA, 17 septembre 2008[1] Circulation : Journal of the American Heart Association, 2008[1] Annual Meeting of the American Psychological Association, Boston, 2008 

[1] Archives of Surgery, août 2008

[1] Journal of Allergy and Clinical Immunology, 4 septembre 2008 


Source: Destination Santé - www.destinationsante.com - Semaine 40-08