Un record d’indemnités de départ pour une ex-élue montréalaise

Le départ d’Anie Samson coûtera 280 000 $ aux contribuables, selon les calculs du Journal

L’ex-mairesse de Villeray, Anie Samson, défaite aux dernières élections, battra le record des indemnités de départ pour un élu municipal en empochant près de 280 000 $, soit 90 000 $ de plus que Denis Coderre.

Comme après chaque élection municipale, le renouvellement du personnel politique va coûter cher aux Montréalais. Et cette année, une ancienne élue va toucher le gros lot.

Selon les estimations du Journal, l’ex-mairesse d’arrondissement Anie Samson empochera une allocation de transition de 150 000 $ environ — ce qui équivaut à un an de salaire — qui lui sera payée en 26 versements aux deux semaines. La rémunération de Mme Samson est élevée parce qu’elle a occupé de nombreuses fonctions au sein de l’administration Coderre.

Mme Samson touchera également une forte indemnité de départ de près de 130 000 $, en raison de son ancienneté. Celle qui fut conseillère municipale avant d’être mairesse a siégé à l’hôtel de ville durant 23 ans.

Le total des allocations d’Anie Samson dépasse le record établi par l’ex-maire par intérim Michael Applebaum, qui avait empoché 267 000 $ en 2013, malgré les accusations criminelles qui pesaient contre lui.

Du côté de la Fédération canadienne des contribuables, ces chiffres font grincer des dents. « En général, on s’intéresse plutôt aux compensations versées au fédéral et au provincial, mais là, on est rendu au même niveau pour certains élus municipaux », note le président de l’organisme, Carl Vallée.

Autres grosses primes

Derrière Mme Samson, plusieurs élus se partageront de gros montants, toujours selon nos calculs. En deuxième position, on retrouve l’ex-maire Denis Coderre qui devrait toucher près de 192 000 $, soit 167 000 $ pour l’allocation de transition, mais seulement 25 000 $ en indemnité de départ puisqu’il n’a siégé que quatre ans à l’hôtel de ville.

Quant à Richard Bergeron, qui semble vouloir à tout prix retrouver un poste auprès de la nouvelle mairesse Valérie Plante, il aura droit à 184 000 $ environ pour patienter.

Pour parvenir à ces résultats, Le Journal a dû faire ses propres estimations à partir de la base de calcul de la Ville, car les montants officiels ne seront rendus publics qu’en janvier.

Par ailleurs, la Ville de Montréal n’était pas en mesure de fournir la grille de rémunération des élus pour 2017. Nous nous sommes donc servis de celle de 2016, à laquelle nous avons ajouté 1 % d’inflation.

Interrogée sur ces fortes allocations, l’ex-mairesse du Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos, a tenu à rappeler que les élus n’ont pas d’assurance-emploi et que les allocations sont imposables.

« C’est sûr que l’année après la fin du mandat, on gagne un super salaire, mais ensuite les impôts font mal. Surtout pour l’indemnité de départ qui est payée d’un coup », dit-elle.

Pour Carl Vallée, ces arguments ne suffisent pas : « C’est normal d’avoir un montant pour se replacer, mais là ça représente plus de trois ans de salaire pour la moyenne des gens. »

Anie Samson: Ex-mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension
Salaire: 150 000 $ / Prime de départ: 130 000 $ / TOTAL: 280 000 $

Denis Coderre: Ex-maire de Montréal
Salaire: 167 000 $ / Prime de départ: 25 000 $ / TOTAL: 192 000 $

Harout Chitilian: Ex-vice-président du Comité exécutif
Salaire: 145 000 $ / Prime de départ: 45 000 $ / TOTAL: 190 000 $

Claude Dauphin: Ex-maire de Lachine
Salaire: 118 000 $ / Prime de départ: 72 000 $ / TOTAL: 190 000 $

Richard Bergeron: Ex-membre du Comité exécutif
Salaire: 126 000 $ / Prime de départ: 58 000 $ / TOTAL: 184 000 $
 
Pierre Desrochers: Ex-président du Comité exécutif
Salaire: 150 000 $ / Prime de départ: 23 000 $ / TOTAL: 173 000 $

Ce que dit la loi

Selon la Loi sur le traitement des élus municipaux, les anciens élus qui ont cumulé au moins deux années de service ont droit à :

Une indemnité de départ : le montant est l’équivalent de deux semaines de rémunération imposable par année de service à partir de la date d’entrée en fonction, et ce, pour un montant maximum de 52 semaines. Les années doivent avoir été effectuées après le 1er janvier 1992.

Une allocation de transition : le montant est l’équivalent de trois mois de rémunération imposable par année de service, pour un maximum de 12 mois de salaire. Les allocations doivent être versées au plus tard 90 jours après la fin du mandat de l’élu. Les ex-élus ont également le droit de continuer à cotiser au fonds de retraite de la Ville administré par Retraite Québec.


http://www.journaldemontreal.com/2017/11/16/un-record-dindemnites-de-depart-pour-une-ex-elue-montrealaise

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