La répression fait neuf morts à Charonne

Date: 08-02-1968
La perspective de la fin de la guerre d’Algérie semble s’être éloignée avec la suspension des pourparlers de paix, le 28 juillet 1961, entre le GPRA et le gouvernement français. Continuant à espérer en une Algérie française, les partisans de l’OAS multiplient les attentats en Algérie et en métropole. Les milieux de gauche se mobilisent autour du Comité Audin du PCF, de l’UNEF et du PSU. Les attentats du 7 février 1962, poussent la gauche à organiser un rassemblement, le 8 février 1962, place de la Bastille à Paris. Il est refusé par le préfet Maurice Papon et le général de Gaulle qui le qualifie de « communiste ». Si, du côté des organisateurs, on veut un rassemblement pacifique, les manifestants se heurtent immédiatement aux forces de l’ordre. Et la répression policière est terrible. Les policiers frappent sur tout ce qui bouge : manifestants, passants, femmes et personnes âgées, partout. Même des policiers en civil seront blessés. Boulevard Voltaire, la violence des forces « de l’ordre » est terrible, elles n’hésitent pas à jeter sur les manifestants les grilles d’acier qu’elles trouvent au pied des arbres, ou encore des grilles d’aération. Résultat : 9 morts et des centaines de blessés. La population française sera très choquée par le déchaînement de la répression : près d’un million de personnes assisteront aux obsèques des victimes, le 13 février.